Le statut des aidants (suite)
Devoirs des proches
Lorsque la personne âgée dépendante ne dispose pas des ressources pécuniaires suffisantes pour subvenir à ces besoins (financement d’une auxiliaire de vie ou encore placement en maison de retraite par exemple), ses enfants, ses petits-enfants, voire ses arrière-petits-enfants, sont tenus de l’aider financièrement. On demandera en premier lieu à ses enfants, puis en second lieu à ses petitsenfants et ainsi de suite. Les gendres et les brus d’une personne démunie sont également tenus de l’assister financièrement. Dans l’hypothèse où un obligé alimentaire ne remplissait pas son devoir spontanément, il pourrait être condamné en justice à le faire.
Dans le même esprit, un(e) époux(se), ainsi qu’un(e) partenaire de PACS, se doit d’aider son conjoint dans le besoin et de subvenir ainsi, le cas échéant, aux frais de son placement en institution. Pour conclure quant aux devoirs des proches, rappelons, s’il en est besoin, que les maltraitances contre les personnes âgées dépendantes existent hélas et que celles-ci sont punies par la loi.
Seulement, pour l’être, il convient de les dénoncer aux autorités et ne pas hésiter à porter plainte. Ne pas les dénoncer peut d’ailleurs constituer l’infraction de non-assistance à personne en danger.
Droit à la formation
Si les accueillants familiaux (personnes qui reçoivent des personnes âgées dépendantes ou des personnes handicapées à domicile contre rémunération) doivent s’engager à suivre une formation tant initiale que continue organisée par les Départements, bien peu de choses sont encore en place concernant les aidants familiaux, l’entourage familial d’un malade.
Lorsque la personne âgée nécessite des soins qu’elle ne peut s’administrer elle-même en raison notamment d’un handicap des membres supérieurs, le code de la santé publique prévoit que l’entourage doit bénéficier d’un apprentissage dispensé par un professionnel de santé (le médecin traitant ou l’infirmière notamment) afin d’être en mesure de prodiguer les soins requis par l’état du malade.
La loi Montchamp prévoit que des formations puissent être dispensées aux aidants familiaux et plus généralement à l’entourage des personnes handicapées… Le rapport remis au Président de la République en novembre 2007 préconise des stages de formations gratuits de deux jours pour l’entourage d’un patient atteint par la maladie d’Alzheimer. Pour l’heure, les CLIC (Centres Locaux d’Information et de Coordination gérontologique) , certaines caisses de retraite ou encore des collectivités territoriales telle les Départements ainsi que des associations organisent des formations destinées notamment à l’entourage des patients Alzheimer. Ces formations portent par exemple sur les soins corporels ou sur le soutien psychologique à apporter au malade. Rien n’étant à ce jour généralisé, il convient de se renseigner auprès de ces institutions dans votre région.
De plus, ce même rapport de novembre 2007 préconise de faire bénéficier des aidants d’un allègement de formation pour ceux qui, intéressés par les métiers du travail social, ont accompagné un malade pendant cinq ans et qui, après le décès de ce dernier, souhaitent s’engager dans un parcours de formation d’assistant de vie aux familles, d’auxiliaire de vie sociale ou d’aide médicopsychologique.
Cette Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) pourrait faire l’objet d’une aide financière à la reprise d’activité précise le rapport.
Sébastien HAUGER, enseignant-chercheur et consultant en droit de la santé, Universités de Strasbourg et Genève
Au 31 juillet 2008