Accepter le diagnostic d'une maladie grave (suite)

Vers l’acceptation de la maladie

La réaction de votre proche va dépendre de la maladie annoncée, de sa personnalité, de la période de vie qu'il traverse. Chaque individu met en place des mécanismes de défense qui lui sont propres, qui lui permettent d'accepter la réalité peu à peu.


« C'est un temps d'adaptation psychique à la nouvelle de la maladie qu'il convient de respecter » explique Isabelle Moley-Massol[1].« Le malade a besoin de cheminer à son rythme. Il est inutile de tenter de lui faire 'entendre raison' à tout prix et de le convaincre d'adopter une attitude face à la maladie qui nous parait  mieux adaptée. Si certaines personnes paraissent dans le déni de leur maladie, il n'est pas rare qu’elles déclarent à leur médecin :"Ne me dites rien Docteur...mais je commence quand la chimiothérapie ?". Ces personnes ont besoin de temps pour "digérer" psychiquement l'annonce de leur maladie et parvenir à la nommer. Certains se révoltent, éprouvent un profond sentiment d'injustice, ont besoin de comprendre. la question du sens est toujours centrale : "Pourquoi moi ?".

 

[1] Médecin psychanalyste et psycho-oncologue à Paris, auteure de « L’annonce de la maladie, une parole qui engage » (2004) et « La relation médecin malade. Enjeux, pièges et opportunités » (2007), Editions DaTeBe.

Vous aussi devez « encaisser le coup »


La maladie est aussi une épreuve pour vous : vous êtes précipité dans un ‘entre-deux’ situé entre le monde des bien-portants et celui de la maladie. Celle-ci vient bouleverser votre vie, la vision de votre proche, de votre avenir ensemble. L'angoisse de mort est présente. « La maladie précipite le patient et son entourage dans une histoire à la fois commune et individuelle, dans laquelle personne ne marche au même pas, avec une part qui reste impartageable», ajoute Isabelle Moley-Massol.


Permettez-vous de vous reposer, de vous éloigner par moments pour reprendre votre souffle, de trouver vos aidants à vous ! Il faut se sentir bien soi-même pour pouvoir aider une personne malade. « Il est essentiel que le proche pose des limites à ce qu’il peut supporter, particulièrement face à un malade agressif. Cette agressivité exprime le plus souvent une peur, un désarroi ou un état dépressif. Si un conflit s'installe avec le malade, si le proche n'en peut plus, il doit se faire aider, ouvrir la relation et trouver un soutien extérieur, auprès du médecin, des parents, des amis, d'un psychologue ou médecin psychothérapeute s'il le souhaite. La parole est souvent libératrice ».


Emmanuelle Manck, rédactrice

Dernière modification : 19-11-2008