Dialoguer avec un enfant (suite)
Au cours de la maladie : communiquez
Rassurez votre enfant sur le fait :
-
qu’il n’est en rien responsable de la maladie,
-
qu’il ne va pas « l’attraper »,
-
que son parent malade l’aime, même s’il est souvent absent ou n’a plus l’énergie de s’occuper de lui comme avant.
Laissez exprimer… Si vous « craquez » ou pleurez, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais d’humanité. Votre enfant le comprendra, dès lors que vous lui expliquerez pourquoi. Laissez-le également vous dire ce qui l’affecte, et si besoin, aidez-le à le faire.
L’aide des spécialistes
Si vous ne savez pas comment parler à votre enfant, sollicitez l’aide de votre médecin traitant ou d’un psychothérapeute. Certains établissements de soin proposent des consultations ou des groupes de parole pour les enfants de parents malades. Faites éventuellement appel à l’enseignant. Il sera préparé à d’éventuelles questions et pourra déceler des signes de mal-être chez votre enfant.
L’adolescence, un âge difficile
Votre ado est dans une phase délicate : tout en étant en opposition à ses parents, il a encore besoin de la sécurité qu’ils lui offrent. Ses réactions envers vous peuvent être extrêmes. Il est possible qu’il semble indifférent, devienne plus agressif ou refuse de parler de la maladie avec vous. Ne vous en choquez pas, c’est aussi une réaction de protection. Parlez-lui sans l’obliger à répondre. Veillez qu’il ait quelqu’un à qui parler, un autre membre de la famille ou un ami. L’important est d’éviter l’isolement et le repli.
Les questions sur la mort
Après une phase de réflexion, votre enfant se mettra petit à petit à évoquer la mort. Il peut vous poser des questions abruptes: « Est-ce que papa va mourir ? ». Il est possible qu’il redoute de se retrouver seul, sans plus personne pour s’occuper de lui. Si vous refusez d’évoquer ce point avec lui, il sera profondément angoissé et en cas de décès, il ne sera pas préparé :
- Ne répondez pas catégoriquement. Expliquez-lui que son papa ou sa maman reçoit les traitements nécessaires.
- Faites-lui comprendre que chaque personne combat la maladie avec ses propres moyens.
S’il n’y a plus de traitements curatifs possibles, expliquez que « tout le monde a fait tout ce qu’il pouvait et savait faire pour soigner papa ou maman, mais qu’on n’y est pas arrivé ».
Emmanuelle Manck, rédactrice