Conserver une sexualité épanouie (suite)

Le désir dissonant

Dans un contexte de maladie et de traitements, certains couples relèguent d’un « commun accord » la sexualité au second plan. Cette situation n’est pas préoccupante, dès lors qu’elle ne provoque aucune gêne. Un déséquilibre de libido peut par contre provoquer des conflits et nuire à la relation. Vous, bien-portant, désirez encore votre proche malade et avez des besoins sexuels intacts, alors qu’il ne veut ou ne peut plus y répondre. La situation inverse se révèle possible : la maladie de votre proche perturbe votre désir alors qu’il (ou elle) réclame des relations sexuelles.

 

Comment retrouver l’harmonie ?

Préservez l’intimité : Si la sexualité devient difficile, n’abandonnez pas la proximité corporelle : continuer à se toucher, s’embrasser, se caresser est plus que jamais important pour vous deux.

  • Parlez : N’hésitez pas à parler entre vous de vos difficultés, calmement, sans chercher à juger.
  • Consultez le médecin qui suit votre proche malade. Il peut, selon les cas :
  • vous informer plus précisément sur les conséquences de la maladie et de ses traitements,
  • modifier les doses ou le type du médicament susceptible de provoquer des troubles sexuels,
  • repérer une dépression contre laquelle il pourra prescrire un traitement,
  • proposer des médications facilitant l’érection.

Conseils de Thierry Hergueta, psychologue et auteur, avec Anne-marie Bonnet, de « La maladie de Parkinson au jour le jour »[1]

« Les affections touchant le cerveau et les nerfs peuvent retentir sur la sexualité du patient, homme ou femme. Il peut s’agir de troubles de la réception du stimulus sexuel et/ou de sa conduction aux organes génitaux. Ils dépendent de la maladie (Alzheimer, Parkinson…) et de la zone du cerveau touchée. Généralement, on observe une baisse de la libido et/ou des problèmes d’érection pour l’homme. La maladie de Parkinson, par exemple, génère parfois des dysfonctionnements « mécaniques » entravant les rapports, alors que le désir est maintenu. Plus rarement, une démence peut engendrer une hypersexualité. Seul le spécialiste est capable de déterminer si les troubles sexuels sont liés à la maladie ou d’origine psychologiques. En effet, l’inquiétude et la tristesse qui accompagne toute maladie chronique peut aussi affecter la libido. Il ne faut donc pas hésiter à aborder le sujet avec le médecin. Certains traitements peuvent également entraîner une modification des fonctions sexuelles. Les antidépresseurs, par exemple, occasionnent parfois des troubles de l’éjaculation, les neuroleptiques diminuent la libido. Certains traitements de la Maladiede Parkinson provoquent au contraire une surstimulation. Le médecin peut poser un diagnostic sur les troubles sexuels et proposer des solutions. » 

[1] Coll. Les guides pratiques de l’aidant, Editions John Libbey Eurotext, 2007

 

Emmanuelle Manck, rédactrice

Dernière modification : 04-12-2008