Conserver des activités ensemble (suite)
Vous, votre proche et les autres
La maladie a tendance à couper des autres. Connaissances, amis et autres membres de la famille nous semblent si ‘étrangers’ à la situation… On redoute leur regard, leurs « mots malheureux », leur insouciance… Pourtant, ils offrent d’agréables moments de convivialité. Ils vous permettent également de reprendre votre place sociale ou familiale. Pour mieux en profiter, informez au préalable les personnes que vous aurez choisies sur les conséquences de la maladie sur votre proche. Evitez les situations conflictuelles et restez tolérant envers leurs éventuelles maladresses.
Mon proche ne veut rien faire…
Le vécu de la maladie diffère d’une personne à l’autre. Certaines se replient sur elles-mêmes et restent inertes. Cette « régression » est un mécanisme de défense psychique. Forcer ces personnes à sortir, bouger ou ‘voir du monde’ contre leur gré ne sert à rien. Restez cependant à l’écoute et sollicitez l’avis du médecin si la perte d’intérêt et de plaisir pour toute activité se prolonge. Il pourra diagnostiquer et traiter une éventuelle dépression.
Activités créatrices et passions
Beaucoup de personnes confrontées à la maladie révèlent qu’elles ont gardé la forme et le moral en maintenant ou développant une activité personnelle telle que la photographie, le dessin, la musique… L’évasion et le plaisir de la pratique, le progrès, le sentiment d’être compétent et de se réaliser sont de puissants opposants à la sensation de vulnérabilité et au découragement. Pourquoi ne pas valoriser plus encore votre proche en lui demandant d’apprendre et de partager sa passion ?
En cas de maladie d’Alzheimer…
La perte progressive des capacités physiques et intellectuelles des personnes touchées par la maladie d’Alzheimer requiert une approche particulière. En effet, frustrées et attristées de ne plus pouvoir « faire les choses comme avant », elles peuvent devenir apathiques, ce qui accélère gravement la perte d’autonomie.
La pratique d’activités adaptées leur permet de stimuler leur fonctions cognitives et motrices : elle participe au traitement de la maladie au même titre que les médicaments. Choisissez-les en fonction des goûts antérieurs de votre proche et de ses capacités du moment. Respectez son rythme et les temps de repos dont il a besoin.
Pour stimuler sa mémoire et son intérêt :
- évoquez des souvenirs communs et échangez à partir de photos, de films, de musique, autour d’informations télévisées ou de nouvelles familiales…
- partagez, selon vos goûts à tous deux, des moments de jeux comme le scrabble, les cartes, les dames…
- accompagnez votre proche pour despromenades permettant des associations à des souvenirs personnels ou historiques…
- conservez les activités culturelles que vous aviez auparavant ensemble (musée, théâtre…).
A lire : La maladie d'Alzheimer : activités et vie sociale
Jacques Selmès et Christian Derouesné,
Ed.John Libbey Eurotext (2006).
Emmanuelle Manck, rédactrice
Les leçons du « rire médecin »
Pendant la maladie, se distraire permet de rompre le cours des ruminations, s’évader et se détendre. Aujourd’hui, dans les services pédiatriques des hôpitaux, des visites de clowns ou de magiciens permettent aux petits patients et leurs parents de rire et d’oublier ainsi pendant quelques instants la maladie.