Une meilleure communication avec votre proche malade
Lorsque la maladie pénètre une famille, la communication entre la personne affectée et ses proches se brouille, parfois se coupe. Chacun tente de protéger l'autre de ses angoisses et de sa tristesse. Rompre les silences pesants tout en évitant que la maladie n'envahisse toutes les conversations : un équilibre doit être trouvé.
Quand les mots ne veulent plus sortir…
Avant, on pouvait « tout se dire ». Les conversations fusaient, les mots étaient librement exprimés. Maintenant que la maladie est là, ce qui « sortait tout seul » semble difficile à exprimer et même, ne plus avoir de sens. Parler de la maladie, la nommer fait mal : elle est d'autant plus présente, angoissante. Selon Martine Ruszniewski, psycho-oncologue à l'Institut Curie et auteure de « Face à la maladie Grave [1] », « les proches ont parfois peur d'ouvrir la porte de la parole et de ne pas assumer la suite... »
Vous tentez de préserver le malade en ne lui communiquant pas votre ressenti ? Il est possible que lui aussi taise sa douleur. Les peurs, la tristesse, les doutes sont pourtant inévitables et légitimes. S'ils ne sont jamais exprimés, vos relations peuvent s'entacher de malentendus et d'incompréhensions et s'accompagner d'un sentiment général de malaise.
[1] Editions Dunod, 1995
Communiquer à l’aide de tiers
Si votre proche refuse systématiquement de discuter de la maladie avec vous, vous pouvez :
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lui proposer de se confier à un(e) ami(e) qui pourra lui prêter une oreille attentive.
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consulter un spécialiste de l'écoute, psychologue ou psychiatre, afin qu'il vous aide à communiquer avec votre proche..
Si vous-même vous sentez gêné pour exprimer à votre proche malade ce que vous avez sur le cœur, faites-le dans un lieu dédié (au cabinet d'un spécialiste, un groupe de parole).
Une communication qui n’appartient qu’à vous
Dans cette situation difficile, souvent inédite, qu’est la maladie, il n’y a pas de recette pour trouver l’attitude et les mots justes. Ceux-ci dépendent de vos personnalités respectives et de la relation que vous entreteniez avec votre proche avant que la maladie ne survienne. Il faut en premier lieu « être bien avec ce qu’on dit, sans penser qu’il existe une bonne et une mauvaise façon de faire. Tout ‘protocole’ de communication met mal à l’aise », recommande Martine Ruszniewski. « S’il est généralement recommandé de parler ‘vrai’ et ouvertement de la maladie ou de la mort, certaines personnes préfèrent parler d’autre chose, rire, échanger sur divers sujets. Tant que l’harmonie du couple ou de la famille est préservée, se forcer à fonctionner autrement est inutile. »