Communiquer avec un proche malade (suite)

Savoir écouter, oser parler

Gardez à l’esprit que l’épreuve de la maladie peut faire apparaître de nouveaux besoins.  Ainsi, si votre mari a toujours été réservé et secret, il a peut-être cette fois envie de s’exprimer. Observez les « appels » à la communication de votre proche : tentatives d’approche, plaisanteries, regards… Tentez de réduire tout décalage de communication entre vous « en repérant ses changements de comportement : il se ferme, vous rejette… Tendez alors des perches telles que: ‘je te sens pas bien en ce moment, est-ce qu’on peut en parler, qu’est-ce que je peux faire pour toi ?’ », préconise la psychologue.

L’écoute et la disponibilité sont essentielles : pour une personne malade, les « premiers mots » sont souvent particulièrement douloureux. S’ils sont bien entendus, s’ils amènent à un dialogue ouvert et respectueux de chacun, les échanges seront grandement facilités. Lorsque votre proche entame une communication avec vous :

  • Laissez-le parler librement sans l’interrompre, écoutez-le attentivement,
  • Ne repoussez pas l’expression de ses émotions, soyez compréhensif : laissez-le pleurer, par exemple,
  • Ne cherchez pas à tout prix à le rassurer, le consoler ou le « secouer », même « pour son bien ».

 

Dire la maladie : ni trop, ni trop peu

La qualité de la communication prime sur la quantité. Si réprimer les mots sur la maladie est néfaste, l’excès permet à celle-ci d’envahir totalement l’esprit et la vie de chacun. Garder du recul s’avère salutaire : vous n’êtes pas qu’« aidant » et votre proche n’est pas « que malade ».  Celui-ci demeure d’abord une personne, ensuite une épouse, un mari ou un père. Continuez à  aborder avec lui les sujets qui le passionnent, à lui parler d’amour, à solliciter son avis sur les sorties des enfants…  

Respectez ses limites : ne lui demandez pas d’aller au-delà de ce qu’il peut exprimer. Ne donnez et n’attendez pas de réponse quand aucune n’est bonne : acceptez le « je ne sais pas ». Acceptez aussi le silence : votre proche peut être fatigué des conversations et ne souhaiter que votre présence réconfortante. La communication ne se réduit pas au langage verbal : « Si le silence peut être source de malentendus, il peut aussi être rempli de complicité : des regards sincères et non fuyants, chargés d'émotion partagée, vont au-delà des mots quand les mots manquent », note Martine Ruszniewski. Egalement, vos gestes, vos larmes et vos caresses expriment parfois mieux les idées et les sentiments que les paroles.

Parler avec une personne âgée

Les seniors sont très attentifs au ton et au rythme de voix : soyez aimable, doux et poli. Ils ont besoin d’être confortablement installés et de savoir qu’ils ne sont ni pressés, ni bousculés. Laissez-les se souvenir, faire des pauses dans la conversation. Ils aiment être au calme, sans trop de monde autour d’eux. Hormis la maison, certains lieux sont plus propices à l’échange : le jardin, la promenade à pied ou en voiture, la visite dans la famille...

Emmanuelle Manck, rédatrice

Dernière modification : 04-12-2008