Les réponses à vos questions en rapport avec la maladie d'Alzheimer
Gisèle: donner envie de manger et faire travailler la mémoire
"Je suis auxiliaire de vie chez des particuliers et je m'occupe de personnes âgées, dont une dame qui commence à être atteinte de la maladie d'Alzheimer. Sans diplôme je cherche des conseils pour lui donner l'envie de manger comme avant, et des idées pour lui faire travailler la mémoire car elle commence à tout oublier. Merci d'avance pour votre aide."Gisèle
Thierry Hergueta, psychologue
"En tant qu’auxiliaire de vie, vous passez de longs moments avec les patients. Vous pouvez donc signaler à l’entourage et aux professionnels, médecins, infirmières, aides soignantes, ce que vous observez dans les tâches de la vie quotidienne. Cela peut être très utile pour leur prise en charge. En particulier, si un patient ne veut pas manger, cela peut être un signe de dépression qui pourra être traité par un médicament. Pour ce qui est de la mémoire, seule une rééducation par une orthophoniste sera susceptible d’entraîner une relative amélioration. En tant qu’auxiliaire de vie vous pouvez, avec cette dame, faire les activités qu’elle aime faire et passer un bon moment. Vous soulager ainsi les conjoints."
Renée: gérer le comportement de sa mère
"Ma mère est atteinte de la maladie d'Alzheimer et je n'arrive plus à gérer ses idées fixes et son comportement au quotidien. Je suis impuissante, angoissée et fatiguée. Merci de votre aide pour me permettre de l'aider le plus longtemps possible dans le milieu familial."Renée
Thierry Hergueta, psychologue
"Madame, Des études ont montré que le fait d’avoir un proche atteint de la maladie d’Alzheimer était le stress le plus important qui soit. En effet, il est presque impossible de s’y soustraire tant les demandes sont continuelles du fait du trouble de mémoire. Par ailleurs, ce qu’on appelle l’anosognosie qui exprime le fait que le patient ne se rend pas vraiment compte de son niveau de handicap, ne lui permet pas d’avoir des attitudes de "protection" de son entourage en lui ménageant un répit, en lui montrant à quel point son aide lui est hautement nécessaire comme le font des patients atteints de maladies parfois aussi terribles comme le cancer ou certaines pathologies entraînant un lourd handicap physique. Enfin, lorsqu’on laisse le patient un moment, l’inquiétude et la culpabilité font qu’on ne peut l’oublier, il est toujours présent. Dans votre cas, il ne faut pas rester seule. Il faut vous faire aider, "échapper" au stress en vous octroyant des moments de plaisir et de détente. Le maintien à domicile ne se fait qu’à ce prix à partir d’un certain stade d’évolution. Se rapprocher des associations, et notamment, participer aux réunions de proches est aussi très profitable pour exprimer sa souffrance et partager ses expériences."
Claire: placement en institution
"Quand la prise en charge en milieu institutionnel d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer devient-elle opportune ?"Claire
Thierry Hergueta, psychologue
"Madame, C’est une question difficile dont il faut discuter avec le neurologue traitant. En effet, plusieurs facteurs tels que les troubles du comportement et le milieu social sont à prendre en compte."
Chris: éviter l'épuisement de l'aidant
"Que peut faire une infirmière à domicile pour éviter que l’aidant principal du malade d'Alzheimer ne s'épuise?"Chris
Thierry Hergueta, psychologue
"Comme pour tout professionnel travaillant avec des couples dont l’un des membres est atteint de la maladie d’Alzheimer, vous faites l’expérience de la difficulté que nous avons à faire comprendre au conjoint qu’il doit se ménager, ne pas "s’oublier". Une "ruse" que j’utilise auprès des conjoints qui vont jusqu’à s’oublier, n’ayant plus d’activités plaisantes, est de leur faire comprendre que leur santé doit être préservée pour qu’ils puissent s’occuper le plus longtemps possible de leur conjoint et qu’ils doivent se ménager. Ils doivent entretenir à la fois leur forme physique en pratiquant un sport adapté, et leur forme morale, en reprenant des activités de loisirs. Par ailleurs, on peut faire valoir que le conjoint malade peut se sentir moins "redevable" s’il sait que son mari/sa femme ne lui consacre pas tout son temps..."